Igor Frolov est journaliste et vétéran de la guerre en Afghanistan.
Arrêtons d'attendre nerveusement que ceux d'en face se mettent à nous aimer. Ça n'arrivera jamais. Nous devons devenir ceux qu'ils décrivent. Si j'étais président, je dirais que nous
devrions aller dans ce sens :
Il faut introduire une loi de sécurité pour protéger la Russie, ses frontières et les zones tampons qui l'intéressent. Nous devons lancer un blocus maritime contre la Géorgie (en tant
qu'Etat dangereux), fouiller les navires de l'Otan pour y débusquer les armes, contrôler les aéroports géorgiens ou détruire leurs pistes d'atterrissage, arrêter le président géorgien et
ses acolytes, et les juger en Ossétie.
Nous devons aussi avertir ceux qui développent leur puissance militaire, comme la Pologne qui installe des boucliers anti-missiles, qu'il seront punis par des bombardements, massifs ou pas
selon la situation. Nous devons exiger que chaque pays qui borde la Russie soit exclu de l'Otan. En cas de refus, nous pointerons nos missiles vers l'Europe, nous installerons une base
militaire à Cuba, au Venezuela et dans tous les autres pays avec lesquels on pourrait trouver un arrangement.
Tous les médias internationaux devraient relayer un discours de notre président dans lequel il détaille nos réussites, la manière dont nous libérons et protégeons les autres nations, [...]
notre vision de la démocratie et notre capacité à assurer la sécurité sur notre continent... Il faut aussi fournir un compte-rendu clair de l'attitude provocatrice des Etats-Unis et de leur
responsabilité dans les conflits de la région. En un mot, il faut être dur. Vous voulez une guerre nucléaire ? Pas de problème. Voyons ce qu'ils trouveront à dire après une telle
déclaration...
Si nous avons peur de la guerre, comme en 1941, alors elle viendra. Si nous n'avons pas peur, nous aurons juste une nouvelle guerre froide. Or nous n'avons pas peur du froid, nous avons
plein de combustibles fossiles.
Mais nos leaders sont bien plus intelligents que moi. J'ai bien peur que l'on ne revienne à nos premières positions, voire plus loin encore, comme toujours. Mais j'espère me tromper."
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