Très irrité par la politique chinoise de la France, Pékin a annoncé le gel des investissements français dans la capitale pour au moins trois mois. Une décision qui dit l'état des relations
franco-chinoises et invalide la stratégie diplomatique du président français.
D'après le quotidien
Les Echos, qui cite
une note interne distribuée aux
services administratifs de la capitale chinoise, Pékin aurait ordonné
« une suspension d'au moins 3 mois de l'approbation des nouveaux investissements
français dans la ville ».
La France balayée hors de Chine
La rumeur courait déjà dans les milieux diplomatiques : dès les Jeux terminés, la France serait «balayée» hors de Chine. Si on peut y voir une part d'intox du côté de Pékin, il n'en reste pas
moins que la tension est à son comble.
Par ailleurs, cette annonce ne vient pas conforter la stratégie diplomatique du président Sarkozy, affichant ici un discours de fermeté pour apparaître beaucoup moins téméraire lors de ses
rencontres avec le président chinois Hu Jintao, n
'hésitant pas à
envoyer des émissaires pour arrondir les angles ou rattraper ses emportements.
Diplomatie à courte vue
Une diplomatie à trop courte vue pour gagner le respect des dirigeants chinois. Déjà lors du sommet du G8 au Japon, les relations entre Sarkozy et Hu Jintao avaient été décrites comme
glaciales.
Et les derniers efforts de Nicolas Sarkozy pour apaiser les esprits n'auront pas suffi. Pékin n'a toujours pas digéré l'accueil que les parisiens ont réservé à la flamme olympique ni ses
commentaires sur la crise tibétaine et encore moins l'annonce de la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le Dalaï-Lama lors de sa venue en France.
Un nouvel ambassadeur conservateur à Paris
L'ambassadeur de Chine en France avait d'ailleurs dès le 8 juillet menacé Paris de conséquences graves si le président français venait à rencontrer le Dalaï Lama au cours de l'été.
Le Figaro évoquait notamment des contrats portant sur la
vente de 56 rames de TGV et de plus d'une centaine d'Airbus. Le nouvel ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, en poste depuis mars 2008, que l'on dit conservateur et qui jouerait un
rôle très négatif pour ce qui concerne l'image de la France à Pékin, a été immédiatement convoqué au quai d'Orsay. Bernard Kouchner lui aurait alors
« indiqué
que la France déterminait son attitude en toute indépendance et en rejetant les pressions d'où qu'elles viennent ».
Les investisseurs français très pessimistes
Si pour certains observateurs, ces menaces sont d'abord le signe d'une certaine fébrilité des autorités de Pékin face à une « fête » qui s'annonce déjà gâchée, l'annonce de ce gel de nouveaux
investissements pourrait annoncer une politique de représailles encore plus ferme. La réconciliation n'est pas pour demain et les investisseurs Lesechos.fr cite un cadre français
« On pourrait très vite se retrouver dans une situation très paralysante ».
Pour le moment, le ministère des affaires étrangères Français n'a pas réagi à ces informations.
Samedi 26 juillet 2008
-
Publié dans : Actualité Internationale
2
-
Recommander
Commentaires Récents