Fermement opposé à la réforme des institutions, le sénateur UMP Alain Lambert a retourné sa veste au dernier moment au nom de la belle amitié qui le lie au président. Il vient d'être nommé à la
commission de surveillance de la Caisse des dépôts.
« Voter contre une réforme des institutions ne peut relever d'un caprice. C'est le long aboutissement d'une réflexion approfondie, menée en conscience, sur
mes devoirs au regard des Français d'aujourd'hui mais aussi de demain. C'est ce que j'ai essayé de dire, sans succès, tout au long du débat. J'avais demandé d'insérer 4 mots qui ouvraient la
voie à une loi organique permettant à terme de mieux consolider tous nos comptes publics. Ceci m'a été refusé. J'en ai pris acte avec tristesse et regret. Je voterai donc contre la
réforme». Voici les mots prononcés il y a 5 jours par le sénateur et
blogueur Alain Lambert, qui affichait une très ferme
hostilité à la réforme des institutions votée par le Congrès à Versailles, comme le prouve également cette vidéo où il s'exprimait au Sénat.
Le sénateur dira aussi à
20 minutes à quel point la
réforme le laisse de marbre:
« Je suis peu concerné par cette réforme, je pense qu'elle ne sert à rien».
Sarko, mon meilleur copain
Comme le temps passe. Retourné au dernier moment par Nicolas Sarkozy, Alain Lambert justifie sa décision notamment par les liens qui l'unissent au Président de la République :
« anciens et personnels. Ils sont hors du champ politique. Nous n'avons jamais confondu les deux. Lorsque je siégeais à l'ancienne UDF, il m'est arrivé de ne pas voter
pour lui, par exemple aux Européennes de 1999. Cela n'a jamais assombri nos relations. L'année qui vient de s'écouler fut plus difficile pour moi car l'agenda d'un Président le rend
inaccessible à ses amis. C'est frustrant. Nous nous en sommes expliqué longuement, directement et sur le fond. Notre relation personnelle est intacte».
Ca ressemble à un cadeau, mais ce n'est pas un cadeau
Bref, la re-naissance d'une belle amitié a été aussitôt récompensée puisque Alain Lambert a été nommé à la commission de surveillance de la Caisse des dépôts. D'après des informations de
Marianne , le sénateur aurait surtout obtenu l'assurance de pouvoir faire entendre sa voix sur les comptes publics.
«Pourquoi y voir une quelconque compensation puisque l'ordre du jour de la Commission des finances d'hier avait été fixé et publié la semaine dernière ?
Cette information est d'ailleurs vérifiable sur le site du Sénat. Il n'y a aucune idée de cadeau». assure le sénateur UMP. Il est des évidences qui ne le sont tellement pas, qu'on
aimerait presque y croire...
Vendredi 25 juillet 2008
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Publié dans : Observation Politique
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