Sebastien Longhurst est l'un de nos Observateurs à Bogota
Ce qui s'est passé ici, hier soir, reflète le soulagement de tout un pays. La libération d'Ingrid, depuis si longtemps retenue en otage, était devenue un sempiternel refrain que les Colombiens, habitués depuis tant d'années aux drames humains, avaient trop entendu. C'était une affaire qui alimentait leur mauvaise image à l'étranger, et cette libération est aussi, en quelque sorte, une libération pour tous les Colombiens. Le bonheur est, cela va de soi, renforcé par le fait que c'est Ingrid, mais il est aussi dû à la libération des trois Américains et des onze policiers et militaires colombiens. Notamment l'un d'entre eux, William Perez, qui a été comblé d'hommages, hier, pour avoir été "l'ange gardien" d'Ingrid durant sa maladie.
Soulagement aussi, car c'est la première preuve que le "sauvetage" des otages par l'armée est possible. Cette tactique avait toujours été éloignée, car supposée trop risquée. Cela rendra sans doute les relations avec les FARC très différentes.
Ce nouveau coup contre les FARC, qui n'ont pas encore réagi, est très dur car Betancourt était de loin, avec les trois Américains, leur prise la plus chère. Difficile d'évaluer les possibles représailles des FARC. Ce qui est certain c'est qu'ils sont plus que jamais au pied du mur. Espérons qu'ils opteront pour la négociation."
Ces images ont été tournées lors de la première escale d'Ingrid Betancourt, sur la base militaire de San Jose del Guaviare, capitale du departement du Guaviare, où se sont deroulees les operations de sauvetage. . Elle y passe son premier appel à sa mère. Elle lui dit "je suis en vie, je suis en vie". Ingrid a été ensuite transférée à l'aéroport de Catam, où elle a retrouvé sa mère et a été présentée à la presse.
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