Ces images ont été filmées par un amateur ce lundi à Oran. Il ne s'agit pas ici d'une guerre civile... mais d'émeutes déclenchées par les supporters d'un club de foot local, le Mouloudia, qui viennent d'apprendre que leur équipe jouera en deuxième division nationale l'année prochaine, pour la première fois depuis 42 ans. Ces incidents ont duré trois jours. Des jeunes des quartiers populaires d'Oran ont saccagé des magasins, des édifices publics et des véhicules. 70 policiers ont été blessés en tentant de juguler l'émeute.
"C’est d’abord la conséquence d’un sentiment de frustration que ressentent les jeunes algériens"
Djamel Ben Achour est journaliste à El-Watan. Il a suivi les émeutes à Oran pour son journal.
Difficile d'expliquer ces accès de violence. Evidemment, le foot n'est qu'un défouloir et il y a d'autres raisons derrière ce comportement. Pour moi, c'est d'abord la conséquence d'un sentiment de frustration que ressentent les jeunes Algériens. Ils voient des belles voitures passer et ils ne comprennent pas d'où elles sortent. Car leurs conditions de vie à eux ne s'améliorent pas. L'Algérie vit sur une rente pétrolière. Le pays ne parvient pas à développer son industrie et vit une phase de transition économique permanente.
Ensuite, les jeunes Algériens ne sont pas assez encadrés. Le milieu associatif est faible et ils ne croient plus en la politique. Ils n'ont pas d'espoir que les choses changent. Ce genre d'émeutes pourrait se produire dans les autres pays de la région. Si ça n'arrive pas au Maroc ou en Tunisie, c'est parce que ce sont des régimes plus autoritaires. Ici, la police a plutôt bien géré la situation, se contentant d'utiliser des gaz lacrymogènes."




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