Samedi 10 mai 2008
Quand mai 68 fait rêver les jeunes sarkozystes…



Par Serge Faubert - http://www.bakchich.info/





Le Président de la République voulait liquider Mai 68. C’est raté. Les plus jeunes de ses partisans préfèrent célébrer l’événement. Ils se sont réunis mercredi dernier, au quartier latin, bien sûr, avec André Glucksmann pour procéder à l’inventaire de la révolte étudiante. Non sans nostalgie pour une époque qu’ils n’ont pas connue.

L’affaire a commencé par un mail adressé à une cinquantaine de bloggueurs d’influence (ou considérés comme tels) – en fait, le top 50 des blogs référencés par le site Wikio. Une invitation à venir débattre de cette angoissante – et urgente – question : « Faut-il liquider l’héritage de Mai 68 ? ». Banal. Presque de saison.

A ce détail près que le courrier électronique émanait des jeunes de… l’UMP. Si, si, le parti dont le candidat, devenu depuis Président – affirmait justement qu’il fallait liquider Mai 68.

Question que la victoire dudit candidat avait, croyait-on, définitivement tranchée. Au moins dans cette famille politique. Et voilà que la jeune garde de l’UMP rouvre le débat. Sans prendre de gants. L’invitation précisait qu’il s’agissait là « d’une occasion unique de discuter et de débattre de « l’esprit de Mai » dont nous fêtons cette année le 40ème anniversaire ! »
Fêter l’esprit de mai ou le liquider ?

« Fêter l’esprit de mai… » Et puis quoi encore ! Besancenot n’aurait pas dit mieux. Belle brochette d’hérétiques que voilà. Cela méritait bien que Bakchich aille voir à quoi ressemblait cette 5ème colonne du bolchevisme international.

D’autant que le responsable de la communication des jeunes UMP avait commis une singulière bourde en envoyant son mail. Ce novice a tout bonnement oublié d’occulter l’ensemble des adresses des bloggueurs… Du coup, l’impair a suscité un buzz d’enfer autour de la réunion. Certains antisarkozystes patentés promettant de venir porter, vertement, la contradiction dans la réunion.
Glucksmann, philosophe et sexologue

Il n’en fut rien. Mais le spectacle était au rendez-vous. Glucksmann père (André) et fils (Raphaël), dans un duo inattendu d’où il ressortait, en gros, que Sarkozy était le fils spirituel de Cohn-Bendit – voilà qui réjouira les intéressés. Un discours empreint de nostalgie – ah, on se marrait plus en ce temps-là, hein, André… – émaillé de questions, parfois hallucinées, de la salle ; certains intervenants ayant visiblement mal digéré leurs notes de lectures. Et une étonnante étude comparée de la sexualité des générations, à quarante ans de distance.

Drôle d’assistance d’ailleurs. Si l’on était au pays de la jeunesse bien née et pas trop colorée, on était loin, en revanche de pénétrer dans le temple du sectarisme. L’auteur de ces lignes se vit d’ailleurs accueilli par un… lecteur assidu de Bakchich, très inquiet de la santé financière du site, et grand amateur des articles consacrés à… Rachida Dati. Par respect pour l’avenir politique de ce subversif, nous tairons son nom – d’autant qu’il a promis de s’abonner. Faudrait pas trop tarder, d’ailleurs, jeune homme…
C’est quand qu’on fait la révolution ?

Pour tout dire, quelques trotskystes auraient dressé une barricade dans la rue adjacente – commémoration oblige, la réunion se tenait dans un bar branché du quartier latin -, qu’il n’eût pas été étonnant de voir une bonne partie de la relève sarkozyste se lever pour aller les rejoindre. Juste pour s’encanailler. Juste pour humer le parfum défendu de la lacrymo. Que voulez-vous, c’est bien beau d’être le parti du président, mais on s’emmerde un peu. Moi, je serais Patrick Devedjian, je m’empresserai de remettre tout ce petit monde au pas, scrogneugneu !

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Observation Politique
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Samedi 10 mai 2008

La Chine et l'Inde, condamnées à servir l'occident ?




Par Jérôme Sage - http://www.marianne2.fr/




Dans son livre Chine-Inde, La course du dragon et de l'éléphant, Martine Bulard compare le développement des deux géants asiatiques, et dénonce l'attitude des occidentaux, qui profitent de cette croissance sans pour autant encourager le développement humain.



Des maharadjahs, des éléphants, le Kama Sutra et le curry pour l'une, des empereurs féroces, des plats aigre-doux et une dictature communiste à la mode chez les jeunes parisiens pour l'autre : voilà ce que l'Inde et la Chine représentaient, il y a une vingtaine d'année encore, dans l'imaginaire collectif. Aujourd'hui, les choses ont radicalement changé, puisque le mot d'ordre est «peur». Peur de l'«usine du monde», la Chine, ou du «bureau de la planète», l'Inde.
Peur, parce que l'occident pressent que l'explosion de croissance de ces deux pays ces dernières années n'est qu'un coup de semonce et que les efforts de formation qu'ils ont entrepris vont leur permettre, à très court terme, de ne plus se cantonner aux travaux de petites mains.
Peur, parce que s'ils en venaient à s'associer, le dragon chinois et l'éléphant indien pourraient devenir les maîtres indiscutés de l'économie mondiale.
Peur, parce qu'à eux deux, ils représentent plus d'un tiers de la population de la planète.
Peur, enfin, parce que sans la colonisation en Inde, ou la dictature communiste en Chine, la suprématie économique occidentale aurait été grignotée bien plus tôt.

Hypocrisie occidentale
Le livre de Martine Bulard, Chine-Inde, la course du dragon et de l'éléphant, s'ancre dans ce contexte d'angoisse occidentale. En comparant point par point les deux géants, il montre combien ces inquiétudes sont justifiées. Mais surtout, en se penchant sur tous les aspects de ce qu'on appelle le développement (formation, éducation, démocratie, etc), et non sur la seule croissance économique, il met le doigt sur tout ce que ces pays ont de fragile (retard agricole, démocratie inexistante ou mise à mal par le nationalisme, etc.). Tout en dénonçant l'hypocrisie des occidentaux, craintifs certes, mais aussi (et surtout) largement profiteurs, cantonnant l'Asie aux tâches ingrates, participant à la formation d'une élite manipulable au détriment du reste de la population.

La Chine et l'Inde, condamnées à servir l'occident?
EXTRAITS

1. L'occident a beau jeu de critiquer la fuite de la valeur vers l'Asie

Quiconque en France, en Europe ou aux Etats-Unis aurait l'idée saugrenue de se passer de produits fabriqués en Chine éprouverait de sérieuses difficultés à vivre au quotidien. Toutefois – et c'est l'une des grandes fragilités de son économie –, le « made in China » ne signifie pas forcément « made by China » : 65 % des exportations estampillées chinoises sont réalisées par des sociétés étrangères qui, le plus souvent, fournissent les composants et autres produits intermédiaires. Autrement dit, le territoire chinois sert de plate-forme d'assemblage de produits parfois conçus ailleurs, et les travailleurs sont utilisés comme des petites mains disciplinées, payées au lance-pierres. Généralement, les groupes étrangers gardent la maîtrise des technologies de pointe et des circuits de distribution dans les pays occidentaux. Ils tiennent ainsi les deux bouts de la chaîne de valeur qui garantit leurs profits. Certains spécialistes estiment que, pour 100 euros de marchandises produites sur le territoire chinois, il ne reste que 20 à 25 euros dans le pays. Le reste part dans la poche des donneurs d'ordres.
Pour autant, ce modèle de développement, promu par les dirigeants chinois dans un pays alors replié sur lui-même, sans capitaux disponibles et technologiquement retardataire, n'est pas immuable.


2. L'inde gagne des places, les occidentaux empochent
A en croire les classiques de l'histoire économique, il existerait une sorte de calendrier immuable du décollage. Toute économie émergente développerait d'abord son industrie au détriment de l'agriculture, puis son secteur tertiaire. Bousculant ce schéma préétabli, l'Inde est directement passée à la case « services ». Ces derniers ont crû au rythme de 9,1 % l'an, entre 1993 et 2005, et leur poids dans l'économie est passé de 37 % en 1980 à 54,4 % en 2005 (39,9 % pour la Chine). Particularisme local:les services aux entreprises (informatique, télécommunications, centres d'appels...) ont grimpé bien plus rapidement que ceux destinés aux populations (commerce,restauration). Des « maharajahs de l'informatique », tels Infosys ou Wipro, ont fait leur apparition. Dans la foulée, des zones ultramodernes ont surgi de terre, tranchant avec le foisonnement chaotique des villes anciennes dont elles sont le prolongement, comme à Bangalore, célèbre dans le monde entier, à Pune, ou à Gurgaon, dans les environs de New Delhi. Les services représentent 20 % des exportations indiennes, deux fois plus que celles de la Chine. Toutefois, cette suprématie est toute relative. En valeur absolue, les exportations chinoises de service atteignent 62 milliards de dollars, contre tout juste 40 milliards de dollars pour l'Inde. Mais c'est encore le contenu qui fait la différence : plus de tourisme et de transports pour Pékin, plus de technologies de l'information et de logiciels pour New Delhi. Avec l'anglais comme l'une des langues principales – celles en tout cas des personnes formées –, l'Inde est devenue le premier sous-traitant de services au monde pour le compte des multinationales, notamment britanniques ou américaines. Ces dernières empochent l'essentiel des gains : deux tiers pour les firmes américaines, un tiers pour l'Inde, estime Diana Hochraich, chercheur associé à l'université de Paris-X.

3. Une minorité de cerveaux, une majorité d'illettrés

Arrivant tout juste derrière Pékin pour le nombre de jeunes en troisième cycle, New Delhi affiche également un haut niveau de formation de ses élites. Une partie d'entre elles passe par les universités étrangères. Aux Etats-Unis, qui est la première destination, le nombre d'étudiants indiens menant des études supérieures ne cesse d'augmenter (114 000 en 2007). Ils ont même détrôné les jeunes Chinois (87 050), longtemps en tête des étudiants asiatiques étrangers. En outre, quelque 350 000 jeunes ingénieurs arrivent chaque année sur le marché du travail, formés essentiellement dans le pays. Seuls 10 % d'entre eux disposeraient d'un diplôme correspondant aux normes occidentales de qualification, selon le cabinet spécialisé McKinsey Global Institute. C'est sans doute vrai. Toutefois, les performances indiennes dans le domaine des technologies de l'information, ou dans celui de la pharmacie, prouvent que s'est constituée une couche de chercheurs et de travailleurs très qualifiés – fût-elle minoritaire. Une large fraction de la population, en effet, ignore tout de ces percées. Il ne faut pas oublier que, si le pays atteint l'excellence pour l'exportation de logiciels, seul un Indien sur cinq a accès à un ordinateur. Pis, l'illettrisme de masse n'est toujours pas éradiqué. C'est le handicap majeur de l'éléphant asiatique (avec celui de la santé). En effet, quatre Indiens sur dix ne savent ni lire, ni écrire, ni compter (un sur dix en Chine). La situation est encore plus dramatique pour les femmes, puisque la majorité d'entre elles (52,2 %) est illettrée.


4. Même les chinois en ont marre du bas de gamme chinois
Désormais sont également définis les domaines où les investissements étrangers « ne sont pas les bienvenus », selon la directive conjointe du ministère du Commerce et de la Commission nationale pour le développement et la réforme (National Development and Reform Commission – NDRC). Depuis le 1er décembre 2007, cette dernière entend sélectionner les «dossiers d'implantation» des multinationales. Et d'expliquer, non sans perfidie :«Confrontés à un surplus commercial exagéré et à une croissance rapide de nos réserves de change, nous ne pratiquerons plus une politique d'encouragement global des exportations. » Les résultats ne sont pas assurés. Néanmoins, ces déclarations témoignent de la volonté de changer (un peu) la nature des investissements, afin de monter en qualité la gamme des productions nationales, et de donner quelques gages (au moins verbaux) aux Occidentaux envahis par les produits «made in China», et parfois tentés par des mesures protectionnistes.

Chine-Inde, La course du dragon et de l'éléphant, de Martine Bulard, est publié aux éditions Fayard.
par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Actualité Internationale
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Samedi 10 mai 2008
Les urnes funestes de la junte


Par  FRÉDÉRIC BELGE - http://www.liberation.fr/


 

La Birmanie connaîtra ce samedi un jour «historique» : la tenue du premier référendum convoqué par un gouvernement qui veut s’ouvrir officiellement à plus de démocratie, autorisant officiellement d’autres partis politiques à se présenter à d’hypothétiques élections promises pour 2010. Un scrutin qui en dit long sur la nature ubuesque d’un régime qui n’accepte l’aide internationale qu’au compte-gouttes (lire ci-dessous), alors que son peuple est accablé par une catastrophe sans précédent. Le cyclone Nargis a fait des dizaines de milliers de morts et laissé plus d’un million de personnes sans abri. «Approuver la Constitution est une obligation nationale», a toutefois réaffirmé le régime militaire qui a maintenu le scrutin dans la majeure partie du pays. Les généraux birmans ont balayé du revers de la main les appels de l’opposition : «Ce n’est pas le moment approprié pour tenir un référendum», avait ainsi déclaré Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) de Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix. En septembre, le pouvoir avait sévèrement réprimé le mouvement de protestation contre la vie chère mené par les bonzes. Pas question, pour lui, d’être à nouveau bousculé par une éventuelle contestation.

Paranoïa. La junte militaire, au pouvoir depuis 1962, se cloître plus que jamais dans sa tour d’ivoire. Une tour qui prend la forme d’une «nouvelle capitale», construite l’an passé, à 300 km au nord de Rangoun, dans la ville de Naypyidaw. Cet empressement à délocaliser la capitale dans une zone difficile d’accès témoigne bien de la paranoïa qui étreint le régime en place. Celui-ci a peur d’une tentative de renversement orchestré par les ennemis occidentaux (principalement les Etats-Unis), mais également d’une éventuelle révolution interne.

Officiellement, la vie politique n’existe pas en Birmanie puisque l’armée est la seule institution politique acceptée au cœur du système dictatorial local. Cette dernière dépense entre 40 et 60 % du budget de l’Etat pour ses propres besoins, selon des estimations concordantes, et dispose de toute la panoplie des moyens de répression. Elle domine l’ensemble du processus décisionnel, inhibant tout contre-pouvoir potentiel, et maintien ansi une pression psychologique quotidienne sur la population. Véritable Etat dans l’Etat, l’armée, qui agit de concert avec la police et les services de renseignement, est redoutée par tous en Birmanie. La Birmanie dominée par la junte est considérée par certains experts comme un «narco-Etat» ; la culture de l’opium n’y est pas dénoncée. Mais ce pays d’Asie du Sud-Est dispose aussi d’atouts naturels : de grandes réserves de gaz naturel et les plus grandes forêts de teck au monde. Toutes ces matières premières rapportent des millions de dollars aux généraux au pouvoir. Ces derniers ont mis des décennies à s’approprier ce commerce pour un profit maximal au détriment de la population et des libertés fondamentales. Ce qui explique en grande partie son refus de toute ingérence extérieure aujourd’hui.

Luttes internes. Toutefois, la junte n’est pas un bloc monolithique. Certains généraux, notamment des hauts gradés de premier plan tels Thura Shwe Mann et Maung Aye, prétendent à la succession du général Than Shwe et souhaitent que le régime évolue. Les sourdes luttes internes de pouvoir sont exacerbées par les rumeurs persistantes sur la mauvaise santé du général Than Shwe. Ce dernier aurait ainsi été opéré dans le plus grand secret, le mois dernier par des médecins singapouriens dans la nouvelle capitale du pays. D’autres rumeurs lui prêtent des absences à répétition. Son diabète chronique est avéré et d’autres observateurs affirment qu’il souffrirait également de graves problèmes au pancréas.

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Actualité Internationale
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Vendredi 9 mai 2008

La hausse des prix, de Jakarta à Memphis

 

Par http://observers.france24.com/fr

 

 

Les médias font les gros titres, depuis quelques semaines, sur la crise alimentaire. Nous avons demandé à nos Observateurs, en Indonésie, au Cameroun, aux Etats-Unis et à Haïti de nous dire quel impact cette hausse des prix avait sur leur vie.

Les contributeurs

Indonesie : "Le kilo de riz est passé de 3 500 roupiahs (20cts d’euro) en janvier à 4 700 roupiahs (31cts)"

Dian gère un petit restaurant de Jakarta.

 

 Dans notre Warung [restaurant de rue], nous proposons du nasi goreng [riz frit] comme tout le monde. C'est le plat national. Bien que le prix du kilo de riz soit passé de 3 500 roupiahs (20cts d'euro) en janvier à 4 700 roupiahs (31cts) aujourd'hui, nous essayons de ne pas changer nos prix pour l'instant, contrairement à la plupart des warungs de la ville qui ont augmenté de 1 000 roupiahs le prix leur nasi goreng. Nous attendons un peu car nous avons peur de perdre nos clients. Alors, pour compenser, nous cuisinons aussi beaucoup de plats sans riz comme les soupes et les brochettes de viande. Mais nous ne tiendrons pas longtemps car si l'on parle beaucoup de l'augmentation du prix du riz en Asie en ce moment, c'est loin d'être le seul problème. La majorité des plats indonésiens contiennent du piment. Et le prix au kilo a été multiplié par quatre en moins de deux mois pour atteindre aujourd'hui les 40 000 roupiahs (2,7 euros). Pour nous, il s'agit d'un produit tout aussi important que le riz. Sans parler du kérosène que nous utilisons dans les réchauds pour cuisiner. Non seulement le litre est passé de 3 000 roupiahs (20cts) en janvier à 8 000 roupiahs (54cts) ces derniers jours, mais, en plus, il devient pratiquement impossible de s'en procurer. À cause de cette pénurie, nous avons dû remplacer nos réchauds à kérosène par des réchauds à gaz. C'est cher, mais moins rare. En janvier dernier, nous avons fait 40 % de profit. Aujourd'hui, nous n'en faisons plus que 5 %. Et bien sûr les salaires, eux, n'ont pas augmenté."

Le restaurant de Dian

Cameroun : "Nous faisons partie [des] "magasins témoins""

Depuis les manifestations contre la vie chère, en février dernier, qui ont fait une centaine de morts, le gouvernement a décidé de détaxer certains produits de première nécessité. Mais cette mesure ayant eu peu d'impact sur le pouvoir d'achat des familles, il a ensuite décidé de mettre en place des "magasins témoins" qui appliquent des prix homologués par le ministère du Commerce.

Ibrahim est le responsable de Mont Cameroun, un commerce de denrées alimentaires subventionnées situé en face du marché central de Yaoundé.

 La hausse des prix avait fait baisser nos ventes. Nous avons donc signé un protocole d'accord avec le ministère du Commerce, qui a fixé nos prix. Nous faisons donc partie de ce qu'on appelle les "magasins témoins". Nous pratiquons des prix beaucoup moins élevés que dans les autres points de vente. Malheureusement, nous n'allons respecter ces prix que jusqu'à l'épuisement de nos stocks actuels, mais lorsque notre fournisseur va nous faire la prochaine livraison, nous allons être obligés d'augmenter un peu les prix. A moins que nous ne signions à nouveau un protocole d'accord avec le ministère du Commerce".

Selon un autre de nos Observateurs à Yaoundé, Mohamadou Houmfa, les commerçants du marché, mécontents de ce contrôle des prix mis en place par le gouvernement, seraient sur le point de se mettre en grève.

Le magasin d'Ibrahim, à Yaoundé

Etats-Unis : "Choisir entre faire les courses et mettre de l'essence dans la voiture"

Lynn fait de la recherche informatique en freelance à Memphis, Tennessee, USA. A cause de la crise alimentaire mondiale, le prix de la nourriture s'envole aux Etats Unis, notamment en ce qui concerne le riz et la farine. Mais les Américains ne sont pas les plus durement touchés ; la situation est bien pire dans les pays pauvres. Lynn nous explique que ce qu'il lui pose problème avant tout, c'est l'augmentation du prix de l'essence (15 % cette année). Son blog.

 

 J'ai supprimé presque tout ce dont je pouvais me passer. Je n'ai plus le câble, ni même un quelconque abonnement télé. Je n'ai plus d'abonnement avec un opérateur mobile, j'ai acheté une carte pour pouvoir utiliser le téléphone en cas d'urgence ou pour les appels vraiment importants. Sans Internet je ne peux pas travailler, donc je garde ma connexion. Je me suis fait une règle de ne plus acheter de sodas. Je n'achète même plus de thé ou de jus, je bois de l'eau. (...) Je mange un repas par jour (...) Pas de grignotage. Pour ce qui est des fruits, j'aimerais beaucoup pouvoir en consommer, ne serait-ce que des bananes, mais pour la plupart, ils sont devenus trop chère pour une consommation quotidienne. Je conduis une petite voiture. Une très petite voiture ! Pourtant, cela me coute plus de 30 dollars pour faire le plein. C'est fou ! Aujourd'hui, c'était peut être une des journées les plus cruciales pour moi. Il me reste à peu près 0,92 dollars pour finir le mois. Encore dix jours à tenir.

Ma situation est particulièrement mauvaise mais je ne suis pas la seule à avoir des difficultés. Beaucoup de gens doivent choisir entre faire les courses et mettre de l'essence dans la voiture, ou, en tout cas faire de gros sacrifices pour pouvoir continuer à acheter de l'essence. J'entends beaucoup parler de licenciements et de gens qui ne trouvent pas d'emplois. Ceux qui n'ont jamais vraiment eu la possibilité de mettre de l'argent de côté se retrouvent en difficulté rien qu'à cause de l'augmentation du prix de l'essence."

Haïti : obligé de manger de la boue

Postée par "toddgsapp" le 1 mai 2008

Cette vidéo a été filmée à St Marc (dans l'ouest d'Haïti) par Scott Bonnell, un bénévole de Most High Ministries. Il nous explique que la famille vend des gâteaux au marché du coin.

Extraits :

Ingrédients : boue, eau, sel, beurre.

Raison : avec l'augmentation des prix, c'est tout ce qu'ils peuvent se permettre

Recette : Mélanger de l'eau et de la boue, tamiser, ajouter du beurre, du citron et du sel et laisser sécher au soleil.

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Actualité Internationale
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Vendredi 9 mai 2008
Le trou de la Sécu n'existe pas - vidéo




Éric Merlen et Frédéric Ploquin, auteurs de « Ma Sécu. De la libération à l’ère Sarkozy » ont répondu à vos questions sur cette institution née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi est-elle en déficit ? Peut-on la quitter ?



par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Economie
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